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21.01.2007

L'anti-libéralisme de Ségolène Royal

Soyons justes : la Gauche française n’a pas le monopole de la mauvaise foi. Quoique… Lorsque François Hollande affirme sans rire « Je n’aime pas les riches » alors qu’il paye l’ISF, il y a quand même de quoi se tenir les côtes.

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Sur TF1 samedi soir, Ségolène Royal nous a donné, face à Claire Chazal, une nouvelle preuve de cette mauvaise foi tranquille. Entre deux phrases creuses et trois sourires radieux, elle s’est livrée, à deux reprises, à une attaque en règle du Libéralisme.

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Il est certes plus facile d’avoir un bouc émissaire qu’un programme. Le grand méchant libéralisme, voila donc l’ennemi. Néanmoins, Ségolène et moi ne parlons pas de la même chose lorsque nous employons le mot « libéralisme ». Dans la bouche de madame Royal, il s’agit au mieux d’une insulte, car dans un esprit de simplification destiné à affoler le badaud, elle assimile le libéralisme au marché, au capitalisme, au modèle anglo-saxon et à l’UMP, qui est n’est pas un parti libéral mais un parti conservateur.

Au risque de me répéter, je réaffirme que le libéralisme n’est pas d’abord une doctrine économique. Seul le marxisme, qui est une dialectique matérialiste, réduit la politique à un enchaînement de structures économiques successives. De même, le libéralisme n’est pas conservateur. Il s’oppose à la défense absurde des intérêts acquis et prône la libre concurrence d’individus égaux en droits.

En d’autres termes, les libéraux s’opposent au collectivisme sous toutes ses formes : totalitaire et meurtrier sous sa forme soviétique ; égalitariste sous sa forme démocratique.

Madame Royal, qui drague l’électorat d’extrême gauche en vue de son hypothétique 2e tour, affiche donc un anti-libéralisme de salon, très éloigné de la réalité. Néanmoins, elle appartient bien à cette lignée du socialisme français qui considère que la puissance publique peut et doit intervenir dans tous les domaines de la vie courante des individus, car l’Etat sait toujours mieux que moi ce qui est bon pour moi. Le drame des socialistes français tient justement dans cet a priori. Car ils ne se rendent pas compte que l’égalitarisme dont ils rêvent est au fondement de toutes les injustices qui minent le pays. Leur incapacité à remettre en cause les régimes spéciaux des retraites par exemple, en est une bonne illustration.

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Stéphane Guyon

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