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24.01.2007
375 enseignants licenciés dans le Val-de-Marne ?
Les communistes aiment le comique de situation. Christian Favier, le président du Conseil Général du Val-de-Marne nous en fait encore une fois la démonstration le 19 janvier, en se fendant d’un communiqué vengeur sur les « suppressions de postes dans l’éducation nationale ». Je vous laisse admirer le style incantatoire inimitable de ce qui est pourtant une déclaration officielle :
« L’annonce par le gouvernement de la suppression de 5 500 postes d’enseignants pour la rentrée 2007 dont 375 dans la seule Académie de Créteil, confirme la politique de démantèlement du service public d’éducation. (…) Ces décisions sont iniques et injustifiables. (…) Pour sa part, le Conseil général du Val-de-Marne accompagne depuis plus de vingt ans, de manière significative la bonne scolarité et la réussite des collégiens. Jamais, il n’a réduit les moyens qu’il accorde aux collèges et aux collégiens. »
Cette dernière affirmation est particulièrement sujette à caution, puisque dans le budget 2007, l’aide à l’insertion sociale et scolaire baisse de 3,70% par rapport à 2006, (dont -26,14% pour le soutien aux activités périscolaires et -15,43% pour l’aide à la réussite scolaire).
Christian Favier a un art consommé de la présentation des faits. A le lire, on pourrait croire que 375 enseignants du Val-de-Marne ont été jeté à la rue comme des malpropres, licenciés, vidés, lourdés, sous l’œil ébahi des enfants et des parents d’élèves, abandonnés à leur triste sort, dans des classes désertes, face à des tableaux vides.
Bien entendu, il n’en est rien.
La Loi de Finances 2007 prévoit la suppression de 15 000 postes de fonctionnaires dont 8 700 à l'Education nationale.
Cette mesure s'appuie sur le rapport de la Cour des Comptes sorti en mars 2005 qui dévoilait que 32 000 enseignants (Equivalents Temps Plein) étaient payés sans jamais voir d'élèves. Le gouvernement a donc annoncé qu'il supprimera :
- 3 600 postes au concours de recrutement des enseignants,
- 1 800 postes au titre de la baisse du nombre d'élèves scolarisés, puisqu'on attend 30 000 enfants de moins pour la rentrée 2007-2008,
- 3 000 postes au rang des "décharges horaires" (milliers d'heures d'enseignement payées alors que les enseignants sont employés dans les syndicats ou dans les innombrables associations qui gravitent autour de l'Education nationale, décharges de service pour les heures de "cabinet", ou de "laboratoire", décharges de trois heures pour l'animation des clubs sportifs par les enseignants d'EPS, etc.).
Rappelons que dans le même temps, le budget de l’enseignement scolaire est passé de 53,9 milliards d’euros en 2003 à 58,5 milliards d’euros en 2006, soit une augmentation de 8,5 %
La baisse du nombre de postes d’enseignants correspond donc à une première tentative de gestion raisonnée des ressources humaines au sein du Mammouth. Concept un peu ardu pour un communiste comme Christian Favier, pour qui l’efficacité d’un projet se mesure avant tout au nombre de personnes employées pour le mener à bien.
Stéphane Guyon
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