31.01.2007
Nicolas Hulot convoque les présidentiables
On croyait Mr Hulot reparti en hélicoptère arroser les derniers éléphants de Tanzanie à grand coup de kérosène… que nenni !
Voici ce que nous apprend la lecture des dépêches de l’AFP de ce matin :
De Ségolène Royal, la première entendue à 8h45, à Nicolas Sarkozy, le dernier en ordre de passage à 11h45, après le Conseil des ministres, les aspirants ont rendez-vous au nouveau Musée des Arts premiers, quai Branly à Paris.
"Ils bénéficieront chacun de 15 minutes de temps de parole pour confirmer leurs engagements pris dans le cadre du Pacte écologique", a indiqué mardi la Fondation Nicolas Hulot, qui organise la rencontre.
Les candidats se succèderont devant un parterre de "grands témoins", 50 citoyens signataires du Pacte tirés au sort et les représentants des ONG environnementales, qui ne seront ni les uns ni les autres autorisés à poser de question
Ces ONG sont celles qui adhèrent à l'Alliance pour la Planète, coalition d'associations environnementales, syndicales et professionnelles, ainsi que la Ligue de Protection des oiseaux (LPO), la Ligue Roc, la fédération France Nature Environnement (FNE) et l'Union mondiale pour la nature (UICN).
"L'objectif de Nicolas Hulot est vraiment de passer le relais aux ONG en appelant les candidats à travailler avec elles", explique Annabelle Geiger, de la Fondation NH.
"L'ordre de passage des candidats a été établi en fonction des contraintes de chacun, le Conseil des ministres par exemple, et en tentant de respecter certains équilibres droite/gauche et homme/femme", ajoute-t-elle.
Après Ségolène Royal en ouverture, les candidats se succéderont dans l'ordre suivant: Antoine Waechter, France Gamerre, Jean-Marc Governatori, François Bayrou, Corinne Lepage, Marie-George Buffet, Nicolas Dupont-Aignan, Dominique Voynet et Nicolas Sarkozy.
Outre leur adhésion aux cinq propositions concrètes et dix propositions du Pacte écologique, Nicolas Hulot - qui a finalement choisi de ne pas se présenter à l'élection présidentielle - a demandé aux candidats d'argumenter leur engagement.
Nicolas Hulot commence sérieusement à me chauffer les oreilles. Qu’est-ce que c’est que ce cirque ? A quoi rime ce défilé « d’aspirants » (on rêve !) qui répondent à cette convocation comme d’autres iraient à Canossa ? Après le barnum politico-médiatique autour des Enfants de don Quichotte, après le défilé en rang d’oignons de nos élus devant le cercueil de l’abbé Pierre, voila Nicolas Hulot qui organise un grand oral de passage pour « aspirants présidents ».
Cette campagne va-t-elle un jour déboucher sur autre chose qu’une pêche aux voix sectorisée, alimentée par des candidats qui se couchent successivement devant chaque groupe de pression en promettant de défendre tel ou tel intérêt particulier ?
Le fait que les candidats à la présidentielle accourent à la convocation de Hulot est un spectacle proprement désolant. Chacun va tâcher de promettre plus que son voisin, de jouer à « plus écolo que moi tu meurs ! » tout ça dans l’espoir de s’attirer les bonnes grâces d’un animateur de télévision.
Minable.
Stéphane Guyon
09:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Hulot, presidentielle, candidats, quai branly
29.01.2007
Europe : la France sur la touche
Le 26 janvier 2007, à l’invitation de l’Espagne et du Luxembourg, les 18 pays qui ont déjà ratifié le texte se sont réunis à Madrid avec l’Irlande et le Portugal, qui se qualifient eux-mêmes d’« Amis de la Constitution ». Cette rencontre avait un objectif particulier : relancer les réformes liées à la Constitution et maintenir la « substance du texte ». On oublie trop souvent dans le débat autour de la Constitution européenne que 18 des 27 États membres ont exprimé leur accord sur le nouveau cadre institutionnel. C’est, disons-le, une très large majorité.
L’Allemagne, qui vient de prendre la présidence tournante de l’Union européenne relance la question constitutionnelle. Depuis le double non du printemps 2005, il s’agit là de la première présidence dont le programme de travail prévoit une réactivation du processus constitutionnel européen.
Cette éjection dramatique de la France du cadre décisionnel de la construction européenne, correspond sans nul doute au fameux « Plan B » promis par les ténors du « Non » au référendum. L’orgueil français, qui est tant moqué à l’étranger, nous a conduit à croire qu’un simple « non » français pouvait amener tous les autres pays européens à revoir leur position. Il n’en est rien, et nous en payons aujourd’hui les conséquences par une mise à l’écart qui signe notre honte.
A l'issue de ce sommet de Madrid, le secrétaire d'état espagnol pour l'Union européenne, Alberto Navarro, a souligné la volonté des pays participants de "savoir ce que les autres leur proposent". "Nous sommes prêts à écouter les autres (...) mais nous voulons commencer par le traité que nous avons tous signé", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, aux côtés du ministre luxembourgeois délégué aux Affaires étrangères, Nicolas Schmit, co-organisateur de la réunion. "Nous voulons savoir ce qui ne va pas (dans le Traité) aux yeux de la France et des Pays-Bas", a souligné M. Schmit.
Pendant ce temps, les candidats à l’élection présidentielle nous parlent de la grandeur de la France, de la voix de la France… mais ils vivent dans un monde qui n’existe plus et qui se fait sans nous.
Stéphane Guyon
20:46 Publié dans Formation | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28.01.2007
Phrases de campagne - MEDEF
Prononcé par Ségolène Royal sur le plateau de Canal + :
« Nicolas Sarkozy a dit une chose terrible. Il a dit « la République n’aidera pas ceux qui ne veulent pas s’aider eux-mêmes ». Et bien moi je dis : « la République aidera tout le monde ! ».
Que répondre à cela ?
Sans doute la phrase de Ronald Reagan au moment où il fut élu président des Etats-Unis :
- « Les mots les plus effrayants de la langue anglaise que je connaisse sont : we are from the governement, and we’re here to help you. »
Les politiques français se prennent malheureusement pour des assistantes sociales. Pourquoi faut-il toujours considérer les électeurs comme des gens qui devraient être « aidés » ? Pourquoi, au contraire, ne pas considérer que le rôle du gouvernement devrait être de faciliter la vie des gens, en ne s’occupant que de ce qui regarde l’intérêt général (l’éducation, la défense, la politique étrangère, la justice…), tout en laissant chacun libre et responsable de s’occuper de ce qui regarde sa propre vie ?
Le MEDEF sort son Livre Blanc intitulé Besoin d’Air (ed. Seuil, 15€). Nous aurons l’occasion d’y revenir plus longuement sur ce blog. Ce livre est la première chose intelligente que je lis dans cette campagne. Laurence Parisot n’étant candidate à rien, ses propos sont débarrassés de toute langue de bois. A l’heure où les deux grands prétendants de la prochaine présidentielle s’affrontent à grands coups de gaffes montées en épingle, il est heureux que des propositions équilibrées montent de la société civile, et justement de cette part de la société qui travaille et produit des richesses.
21:40 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
24.01.2007
375 enseignants licenciés dans le Val-de-Marne ?
Les communistes aiment le comique de situation. Christian Favier, le président du Conseil Général du Val-de-Marne nous en fait encore une fois la démonstration le 19 janvier, en se fendant d’un communiqué vengeur sur les « suppressions de postes dans l’éducation nationale ». Je vous laisse admirer le style incantatoire inimitable de ce qui est pourtant une déclaration officielle :
« L’annonce par le gouvernement de la suppression de 5 500 postes d’enseignants pour la rentrée 2007 dont 375 dans la seule Académie de Créteil, confirme la politique de démantèlement du service public d’éducation. (…) Ces décisions sont iniques et injustifiables. (…) Pour sa part, le Conseil général du Val-de-Marne accompagne depuis plus de vingt ans, de manière significative la bonne scolarité et la réussite des collégiens. Jamais, il n’a réduit les moyens qu’il accorde aux collèges et aux collégiens. »
Cette dernière affirmation est particulièrement sujette à caution, puisque dans le budget 2007, l’aide à l’insertion sociale et scolaire baisse de 3,70% par rapport à 2006, (dont -26,14% pour le soutien aux activités périscolaires et -15,43% pour l’aide à la réussite scolaire).
Christian Favier a un art consommé de la présentation des faits. A le lire, on pourrait croire que 375 enseignants du Val-de-Marne ont été jeté à la rue comme des malpropres, licenciés, vidés, lourdés, sous l’œil ébahi des enfants et des parents d’élèves, abandonnés à leur triste sort, dans des classes désertes, face à des tableaux vides.
Bien entendu, il n’en est rien.
La Loi de Finances 2007 prévoit la suppression de 15 000 postes de fonctionnaires dont 8 700 à l'Education nationale.
Cette mesure s'appuie sur le rapport de la Cour des Comptes sorti en mars 2005 qui dévoilait que 32 000 enseignants (Equivalents Temps Plein) étaient payés sans jamais voir d'élèves. Le gouvernement a donc annoncé qu'il supprimera :
- 3 600 postes au concours de recrutement des enseignants,
- 1 800 postes au titre de la baisse du nombre d'élèves scolarisés, puisqu'on attend 30 000 enfants de moins pour la rentrée 2007-2008,
- 3 000 postes au rang des "décharges horaires" (milliers d'heures d'enseignement payées alors que les enseignants sont employés dans les syndicats ou dans les innombrables associations qui gravitent autour de l'Education nationale, décharges de service pour les heures de "cabinet", ou de "laboratoire", décharges de trois heures pour l'animation des clubs sportifs par les enseignants d'EPS, etc.).
Rappelons que dans le même temps, le budget de l’enseignement scolaire est passé de 53,9 milliards d’euros en 2003 à 58,5 milliards d’euros en 2006, soit une augmentation de 8,5 %
La baisse du nombre de postes d’enseignants correspond donc à une première tentative de gestion raisonnée des ressources humaines au sein du Mammouth. Concept un peu ardu pour un communiste comme Christian Favier, pour qui l’efficacité d’un projet se mesure avant tout au nombre de personnes employées pour le mener à bien.
Stéphane Guyon
08:05 Publié dans Formation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.01.2007
L'anti-libéralisme de Ségolène Royal
Soyons justes : la Gauche française n’a pas le monopole de la mauvaise foi. Quoique… Lorsque François Hollande affirme sans rire « Je n’aime pas les riches » alors qu’il paye l’ISF, il y a quand même de quoi se tenir les côtes.
Sur TF1 samedi soir, Ségolène Royal nous a donné, face à Claire Chazal, une nouvelle preuve de cette mauvaise foi tranquille. Entre deux phrases creuses et trois sourires radieux, elle s’est livrée, à deux reprises, à une attaque en règle du Libéralisme.
Il est certes plus facile d’avoir un bouc émissaire qu’un programme. Le grand méchant libéralisme, voila donc l’ennemi. Néanmoins, Ségolène et moi ne parlons pas de la même chose lorsque nous employons le mot « libéralisme ». Dans la bouche de madame Royal, il s’agit au mieux d’une insulte, car dans un esprit de simplification destiné à affoler le badaud, elle assimile le libéralisme au marché, au capitalisme, au modèle anglo-saxon et à l’UMP, qui est n’est pas un parti libéral mais un parti conservateur.
Au risque de me répéter, je réaffirme que le libéralisme n’est pas d’abord une doctrine économique. Seul le marxisme, qui est une dialectique matérialiste, réduit la politique à un enchaînement de structures économiques successives. De même, le libéralisme n’est pas conservateur. Il s’oppose à la défense absurde des intérêts acquis et prône la libre concurrence d’individus égaux en droits.
En d’autres termes, les libéraux s’opposent au collectivisme sous toutes ses formes : totalitaire et meurtrier sous sa forme soviétique ; égalitariste sous sa forme démocratique.
Madame Royal, qui drague l’électorat d’extrême gauche en vue de son hypothétique 2e tour, affiche donc un anti-libéralisme de salon, très éloigné de la réalité. Néanmoins, elle appartient bien à cette lignée du socialisme français qui considère que la puissance publique peut et doit intervenir dans tous les domaines de la vie courante des individus, car l’Etat sait toujours mieux que moi ce qui est bon pour moi. Le drame des socialistes français tient justement dans cet a priori. Car ils ne se rendent pas compte que l’égalitarisme dont ils rêvent est au fondement de toutes les injustices qui minent le pays. Leur incapacité à remettre en cause les régimes spéciaux des retraites par exemple, en est une bonne illustration.
Stéphane Guyon
23:40 Publié dans Formation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.01.2007
Droit au logement opposable (encore)
Nous avons déjà dit ici même, tout le mal que nous pensons du fameux « droit au logement opposable ». Cette mesure absurde, prise sous la pression médiatique, illustre, hélas, le fait qu’après la politique people, nous entrons dans l’ère de la politique compassionnelle. L’élu n’est plus celui qui agit pour le bien commun avec une vision à long terme, mais celui qui réagit à une succession de problèmes factuels. Pour comprendre ce qui ce cache derrière ce droit au logement opposable, il faut tout d’abord établir une distinction entre « avoir le droit de » et « avoir droit à ». Lorsque j’ai le droit de faire quelque chose, cela implique une action libre et volontaire de ma part. Ma responsabilité est engagée. Au contraire, lorsque j’ai droit à quelque chose, toute idée de responsabilité disparaît, dans la mesure où je peux réclamer cette chose qui m’est due quoi qu’il arrive. Si le législateur sanctuarise le « droit à », l’Etat devient le garant ultime de toutes mes exigences. Chaque citoyen devient un nourrisson en puissance, qui sait que le biberon arrivera dès les premiers cris.
En suivant cette logique, nous aurons bientôt un « droit aux sports d’hiver opposable », un « droit à une résidence secondaire opposable », ou un « droit à posséder une voiture opposable ».
Ne riez pas ! Je vous rappelle que, même si les termes sont un peu différents, nous bénéficions déjà d’un « droit au principe de précaution » coulé dans le marbre de la Constitution ! Comme l’a très bien montré Nicolas Baverez dans son dernier livre Que Faire ?, ce principe de précaution paralyse à terme, toute volonté d’innovation scientifique – le TGV et les centrales nucléaires n’auraient jamais vu le jour avec un tel principe – et justifie que des terroristes écologiques comme José Bovè piétinent la propriété privée et le travail d’autrui en fauchant des champs d’OGM. Que serait une alternative libérale à ce « droit au logement opposable » ?
Beaucoup de gens s’imaginent que le libéralisme consiste à dire : « Que chacun se débrouille et tant pis pour ceux qui sont trop pauvres ».
C’est faux.
Le libéralisme prône une justice sociale qui repose sur la responsabilité des personnes :
voici 4 propositions libérales pour le logement.
1) Accélérer la rotation du parc de logements sociaux en veillant à ce que leur attribution se fasse bien sur des critères de revenus. Aujourd’hui, lorsque vous avez un appartement HLM vous le conservez à vie, même si vos revenus augmentent. Les gens qui en ont vraiment besoin patientent donc sur des listes d’attente…
2) Rendre le marché de l’immobilier locatif plus fluide, en garantissant juridiquement les droits des propriétaires bailleurs. Trop de gens hésitent à louer un bien immobilier par peur de tomber sur des locataires insolvables, indélicats et inexpulsables. Pour rétablir la confiance, il faut que le droit de propriété soit défendu.
3) Simplifier les démarches d’obtention du permis de construire et rendre constructible a priori, tous les terrains, à l’exception des zones écologiques protégées.
4) Permettre aux occupants de logements sociaux de devenir propriétaires de leur appartement, sur la base d’un tarif dégressif en fonction de leur ancienneté dans les lieux.
Pour ceux qui voudraient aller plus loin sur cette question du « droit au logement opposable », je signale une conférence, le mercredi 24 janvier à 19h30 dans les salons de l'Assemblée Nationale,organisée par l’un des chercheurs de l'Institut Turgot, qui présentera les solutions libérales envisageables, à cette crise du logement.
12:45 Publié dans Formation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.01.2007
La gestion du Val-de-Marne par nos élus (1)
Le Val-de-Marne est un département communiste.
Autant dire qu’il s’agit là d’un sujet d’étude en or pour un libéral, dans la mesure où nous avons sous les yeux un exécutif départemental qui ne juge de l’efficacité de sa politique, qu’à proportion de l’argent public qu’il y consacre. Le culte de la dépense est ici érigé en dogme infranchissable : Lorsque l’Etat dépense, il agit ; lorsque l’Etat ne dépense pas, il n’agit pas.
couleur politique des communes du 94
Petite revue de détail, pour commencer, sur l’exécutif du Val-de-Marne.
Le département est composé de 49 cantons pour 47 communes. Au Conseil Général siègent 21 élus UMP, 16 PC, 8 socialistes et 4 non inscrits. Depuis 2001, le Président est Christian Favier, conseiller général communiste de Champigny Ouest.
Le département compte 1 256 000 habitants et… 7000 agents de la fonction publique départementale, ce qui fait un fonctionnaire pour 179 habitants.
Dans sa présentation du budget aux élus du département, Pascal Salvodelli, président des élus communistes au Conseil Général, expliquait : « Le budget primitif 2006 est équilibré à 1,48 milliards d’euros. Les dépenses de fonctionnement d’un montant de 984,3 M€, représentant 66,5 % du budget général, progressent de 11,5 % par rapport à 2005. Cette hausse est d’abord due à celle des dépenses d’aides sociales, particulièrement à la personne (+ 17,3 %) et aux transferts de charges. Y contribue également la progression de 9 % des dépenses de personnel qui représentent 25,8 % de l’ensemble des dépenses de fonctionnement. »
Ajoutons que, comme dans toutes les structures d’Etat tenues par la gauche, il y a un poste budgétaire qui ne baisse jamais, c’est celui de la propagande, pardon, de la communication. En 2007, le budget «Communication et développement de la démocratie participative» du Conseil général augmente de 6,92%.
Rassurez-vous, pour financer tout cela il y a… l’impôt ! en 2007, +4,5% pour la taxe départementale d’habitation, +4,5% pour la taxe foncière départementale, +6,75% pour la taxe professionnelle.
Une structure d’Etat aussi petite que le département, doit sans cesse justifier son existence et son utilité présumée, par une débauche d’actions « visibles ». Cela conduit nos élus communistes à une recherche obsessionnelle de nouveaux moyens financiers, qui sont forcément d’autant plus insuffisants que les fins sont indéterminées.
22:15 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15.01.2007
Brunch Libéral
Dimanche matin, 11h. Le grand moment de plaisir de la semaine. Un brunch en solitaire, en tête à tête avec les journeaux et le Manifeste des Alter-Libéraux, livre programme d'Edouard Fillias et de quelques autres.
La salle est calme, le jus d'orange excellent, le livre intéressant. La journée commence bien.
Un couple dans la quarantaine s’installe à côté de moi. L’observation des couples au restaurant est toujours assez amusante : dans une salle normalement constituée vous en trouverez toujours un qui s’engueule, un autre qui se fait la tête et un troisième dans lequel Madame parle pendant que Monsieur se tait. Celui-ci n’échappe pas à la règle. Monsieur boude. Caché derrière Libération il émet des grognements étranges lorsqu’elle lui adresse la parole.
La femme qui pianote maintenant sur sa petite cuillère n’a pas l’air franchement dans le besoin… la chaise entre nous deux est occupée par un énorme sac Collette vert pomme qui jure prodigieusement avec ses chaussures noires, et ses mains fraîchement manucurée attestent qu’elle ne passe pas ses journées dans une chaîne de montage chez Renault…
- « C’est le livre de José Bovè ? »
Elle me sourit. La situation est embarrassante. Elle semble bien décidée à faire payer son ennui à sa tête de mule de mari et je n’ai aucune envie de jouer les faire-valoir dans une vengeance de couple. J’explique brièvement la différence entre « alter-libéraux » et « alter-mondialistes » et je m’en tiens là. Elle, non.
- « Mais alors c’est un manifeste libéral… Le libéralisme, quelle horreur ! »
Elle a parlé suffisamment fort pour que le mari n’en perde pas une miette. Les huit tables les plus proches non plus, d’ailleurs. Je pose le livre, jette un regard langoureux au sac Collette dont la revente nous financerait quelques milliers d’affiches électorales, et je passe à l’attaque.
- « Vous trouvez que le libéralisme est une horreur… Pensez-vous que la liberté soit une horreur ? Vous avez un a priori négatif sur le libéralisme parce que vous entendez José, Olivier et Arlette vous dire dans le poste à longueur d’année que le libéralisme c’est la loi de la jungle et l’exploitation du pauvre par le riche. Mais avez-vous déjà réfléchie à ce qu’est le libéralisme ? Le libéralisme est avant tout une école de liberté et de la responsabilité individuelle. »
Un immense soupir émerge de derrière Libération. Madame, qui n’en espérait pas tant, est aux anges.
Je vous passe les détails de la conversation qui s’engage. « Les libéraux veulent tout casser et faire disparaître notre modèle social » … « Quel modèle social ? Celui qui vous oblige aujourd’hui à financer en pure perte un système de retraite par répartition qui aura explosé lorsque vous aurez 60 ans ? Celui qui a mis en place, 2 siècles après la Révolution Française, une nouvelle noblesse, la noblesse des fonctionnaires, caste ultra-protégée et ultra-privilégiée au détriment de l’ensemble de la population ? Celui qui vous oblige à financer toujours plus une sécurité sociale qui vous rembourse toujours moins et ne remplit plus son rôle d’assureur alors même qu’on vous refuse la liberté de choisir une autre compagnie d’assurance ? »
Depuis un moment, ça fume derrière Libération. Ma sortie sur la Sécurité Sociale achève de donner une syncope à l’ami-du-prolétariat-qui-roule-en-BM. La conversation s’engage maintenant à trois… puis à cinq car la table en face se joint à la partie !
Un vrai succès ce Manifeste des Alter-Libéraux. Morale de l’histoire, je ne sais pas si j’aurais convaincu quelqu’un, en ce dimanche matin, du bien fondé de mes opinions libérales. Mais j’ai offert le livre au lecteur de Libération…
12:23 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
10.01.2007
4 février 2007 : congrès d'AL au Bataclan
11:50 Publié dans Congrès AL du 4 Février | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.01.2007
Les Don Quichotte et le modèle social français
Notre modèle social que le monde entier est supposé nous envier, se trouvait ici, sous la tente. Et la réaction des associations et des partis politiques à cette pitoyable mise en scène de la misère ordinaire, a jeté une lumière cynique sur la façon dont nos élites envisagent l’avenir de ce pays. Car ce ne sont pas les malheureux SDF qui ont réclamé – et obtenu – un « droit au logement opposable ». Ceux qui ont exigé cette mesure sont tout ceux qui ont intérêt à ce que l’Etat soit sans cesse mis en accusation pour ses « fautes » ou ses « manquements ». Car en réparant cette faute, l’Etat se rajoute une nouvelle prérogative – garantir un toit à chaque citoyen -, un nouveau champ d’activité pour ses agents, à la grande joie de ses adorateurs qui rêvent d’un monde dans lequel, du matin au soir, sous la douche comme au bureau, l’Etat nous tiendrait par la main.
Nul doute qu’en cette période électorale, chaque corporation va y aller de sa revendication. Chaque groupe d’intérêt va tenter de prendre l’Etat en flagrant délit de « manquement à ses devoirs » afin que, légiférant dans l’urgence, nos politiques rajoutent une béquille à ce pauvre homme sénile que nous sommes.
Le canal Saint Martin est décidément un bon coin. Si j’étais marin pêcheur j’irais y installer mon chalutier afin de sensibiliser les pouvoirs publiques sur la taille des poissons. Avec le réchauffement de la planète, les poissons sont moins gros ! A bien y réfléchir c’est la faute de l’Etat puisque celui-ci ne prend aucune mesure contre la dégradation générale des conditions climatiques. Donc mon chalutier ne bougera pas du canal Saint Martin tant qu’il ne sera pas écrit dans la Constitution qu’en dessous d’un poids plancher à définir, l’Etat doit me dédommager pour les tonnes de sardines que je n’ai pas pu pêcher à cause de lui !
La réussite des Enfants de don Quichotte est un recul sévère pour les libertés individuelles. Elle est symptomatique de tout ce que les libéraux refusent : le corporatisme triomphant, l’intrusion de l’Etat dans des domaines qui ne sont pas de sa compétence, la résolution d’un problème particulier par un texte de loi valable pour tous.
22:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




