02.03.2007
Les 150 intellos du Nouvel Obs'
Le Nouvel Obs’ publie cette semaine une pétition intitulée « Avant qu’il ne soit trop tard », signée par 150 « intellectuels » qui appellent à voter pour Ségolène Royal dès le premier tour… le texte vaut le détour.
Alors, pour commencer, un petit jeux : le premier qui trouve dans cette liste, au moins 10 noms dont la notoriété dépasse son pâté de maison, gagne un paquet de fraises Tagada ! Parce qu’en fait d’intellos, Le Nouvel Obs a fait les fonds de tiroirs… on y trouve un peu de tout. Des politologues qui n’ont pas encore été atteints par le syndrome Duhamel, une « assistante à la mise en scène » (!), un « responsable d’association laïque » (anonyme) et un certain nombre d’avocats. Curieusement, il n’y a ni fleuristes, ni bouchers et il manque sans doute un plombier polonais pour que la photo de famille des nouveaux intellos français soit complète.
Si l’intention du Nouvel Obs’ était de faire un contrepoids à l’attitude de certains intellectuels réputés « de gauche » ayant récemment ralliés le patron de l’UMP, c’est raté. En terme de notoriété s’entend.
Plus sérieusement, Le Nouvel Obs’ nous fait le même coup que TF1 avec ses panels de « 100 français représentatifs ». Sauf qu’au lieu d’avoir 100 benêts qui applaudissent Arlette Laguiller 5 fois en 20 minutes, on en a 150, estampillés « intellectuels » par le magasine des Bobos qui ont du mal à concilier leur réussite matérielle avec leurs idéaux d’anciens Maos.
Le procédé qui se cache derrière cet « appel » est détestable. Il consiste à dire : « Nous sommes des intellectuels, nous sommes donc intelligents. Notre choix pour le premier tour de la présidentielle est donc le choix de l’intelligence. Soit vous êtes avec nous, dans le camp de l’intelligence, soit vous êtes contre nous, dans le camp des idiots et des obscurantistes. »
Ce texte vise en réalité à couper court à toute discussion ce qui, pour des « intellectuels » est un comble. Il montre également que la gauche française n’a vraiment rien appris depuis 2002. Prisonnière de ses certitudes idéologiques, elle préfère donner mauvaise conscience à ses électeurs à coups d’arguments ad hominem, plutôt que d’engager le débat sur des propositions qu’elle sait fragiles et illusoires.




