06.04.2007

CGT l'argent par les fenêtres !

medium_faucille.3.JPGLa CGT est décidément dans une forme olympique. Après avoir bloquée le port autonome de Marseille pendant 17 jours, mettant au chômage technique partiel, 40 000 salariés dépendant de l’activité portuaire et tout ça pour obtenir la création d’un seul et unique emploi en équivalent temps plein sur le futur terminal gazier de Fos-sur-Mer, la CGT vient d’obtenir du tribunal administratif qu’il annule l’autorisation préfectorale d’ouverture le dimanche pour 26 magasins de la zone de Plan de Campagne.

Rappelons que Plan de Campagne, entre Aix et Marseille, est la plus grande zone commerciale d’Europe et que depuis 40 ans, tous les magasins qui s’y trouvent bénéficient d’une autorisation d’ouverture dominicale.

La plupart des salariés concernés par cette subite interdiction d’ouverture, ont protesté. En 2004 déjà, les élus des communes concernées ainsi que les salariés, avaient organisé une manifestation monstre, bloquant les autoroutes A7 et A8 dans le centre ville de Marseille, pour protester contre les menaces de fermeture des magasins le dimanche. Aujourd’hui, cette « victoire » de la CGT fait perdre en moyenne 300 euros de revenu net par mois à chaque salarié concerné. En outre, sachant que les enseignes de Plan de Campagne réalisaient jusqu’à présent 28% de leur chiffre d’affaire le dimanche, il est évident qu’une série de licenciements économiques suivront rapidement cette victoire syndicale. Les études réalisées en 2003/2004 montrent que 1300 emplois sont directement menacés par cette décision.

medium_fonctionnaires.2.JPGDepuis longtemps la CGT a dévoyé le syndicalisme en corporatisme, en se repliant sur la défense exclusive des intérêts particuliers de quelques bastions (les mines, la fonction publique, les chemins de fer…) au détriment de l’intérêt général des salariés. Aujourd’hui, la CGT apporte la preuve que son idéologie (l’ennemi, c’est le travail), passe avant l’intérêt des salariés. Peu importe que 1300 personnes se retrouvent au chômage, pourvu que le dogme du repos dominical soit respecté. Peu importe que des salariés volontaires pour travailler le dimanche, connaissent des baisses de revenus conséquentes, pourvu que la CGT remporte une victoire sur « les patrons ».

Mais cet activisme de la CGT a une raison plus profonde. Il vise à allumer des contre-feux sociaux, au moment même où la centrale de Montreuil se trouve pointée du doigt par la Cour des Comptes, pour sa gestion erratique du CE d’EDF. L’objectif est simple : il s’agit pour la CGT de démontrer qu’elle est active sur tous les fronts sociaux et que le rapport de la Cour des Comptes concernant sa gestion du CE d’EDF n’est qu’une tentative politicarde de déstabilisation.

medium_EDF.JPGDe quoi s’agit-il ? Depuis 1946, la CCAS (l’autre nom du comité d’entreprise d’EDF) est gérée sans partage par la CGT. Pourquoi ? Parce qu’à chaque élection du CE la CGT obtient toujours la majorité absolue. Plus fort encore, la CCAS est gérée par les élus CGT sans aucun contrôle de l’Etat ou de la direction d’EDF. La CGT règne donc sur un royaume composé de 5700 salariés et doté d’un budget annuel de 480 millions d’euros. Au passage, chacun d’entre nous contribue au budget du CE d’EDF… en effet, contrairement à une entreprise normale dans laquelle le CE tire ses ressources d’un pourcentage de la masse salariale, le CE d’EDF est financée par une taxe (1%) prélevée sur les ventes d’électricité et de gaz. A chaque fois que vous payez votre facture de gaz et d’électricité, 1% du montant de votre chèque part directement dans les caisses de la CCAS gérée par la CGT. Réjouissant non ?

Le 4 avril, Philippe Seguin qui présentait le rapport de la Cour des Comptes sur le CE d’EDF a parlé « d’absence totale de transparence », « d’incohérence », de « non-respect du droit fiscal et social », de « lacunes du pilo­tage d'ensemble »... Au surplus, une procédure judiciaire est en cours contre les responsables CGT de la CCAS, accusés d’avoir financés de manière occulte l’organisation de la Fête de l’Humanité…

medium_votez_communiste.2.JPGBrutalement exposée aux feux de la rampe, la CGT s’agite comme un beau diable pour créer des écrans de fumée sociaux destinés à masquer les privilèges aberrants dont elle jouit dans ses bastions. Il s’agit de sauver sa peau, fut-ce au détriment de milliers de salariés, pris en otages par une centrale syndicale qui se bat pour sa survie.