20.03.2007
Ne faites pas semblant de ne pas me comprendre madame Parisot !
Ségolène Royal était l’autre jour, l’invitée de Christine Ockrent sur France 3, en compagnie, notamment, de Laurence Parisot, Présidente du MEDEF. Cette dernière a posé une question simple : que devons-nous penser lorsque Ségolène Royal dit, d’un côté qu’elle est ouverte sur la question des 35h, alors que de l’autre, le point N°16 de son pacte présidentiel affirme clairement que la candidate consolidera l’acquis que représente la réduction du temps de travail.
Réponse de Ségolène Royal : on avait rarement vu un candidat à l’Elysée se comporter de façon aussi hautaine et méprisante face à un invité sur un plateau de télévision… « Ne faites pas semblant de ne pas me comprendre madame Parisot… », « Sortez de vos dogmes madame Parisot, moi je ne suis pas dogmatique… » etc.
Cette émission a permis d’évoquer le traitement du chômage, tel que l’envisage la candidate socialiste. Au passage, Ségolène Royal a évoqué le scandale des délocalisations massives qui entraînent une plus grande précarité pour les salariés français. Je vous invite à ce propos à lire d’urgence l’excellent article de libéralisme expliqué sur les véritables chiffres des délocalisations en France. Savez-vous combien de nos emplois partent chaque année à l’étranger ? Accrochez-vous : 0.032 % ! Il est effectivement essentiel de combattre ce fléau avec toutes les armes à la disposition de l’Etat !
Depuis de nombreuses années, les pouvoirs publics de gauche comme de droite, considèrent que la meilleure réponse au problème du chômage, consiste à ajouter des obstacles légaux aux licenciements. Chacun sait pertinemment que cette « fonctionnarisation » de l’entreprise privée est une mauvaise chose, mais elle est « populaire », car elle procède d’un état d’esprit qui considère l’entreprise comme un lieu d’affrontement permanent entre salariés exploités d’un côté et patrons gloutons de l’autre.
En matière de lutte contre le chômage, le programme présidentiel de Ségolène Royal n’innove pas. Il propose des mesures d’accompagnement des personnes sans emploi ainsi que des mesures de rétorsion contre les entreprises qui licencient, mais rien qui soit de nature à favoriser l’emploi en tant que tel. Dit autrement, les socialistes considèrent l’emploi comme un gros gâteau enfermé dans un moule et qu’il serait impossible de faire grossir. Les seules idées qu’ils développent dans ce domaine, consistent à donner une compensation à ceux qui ont été privé de gâteau et à taper sur les doigts de ceux qui ont pris la part des copains.
Par exemple :
Ségolène Royal propose, dans le cadre d’une « sécurité sociale professionnelle », de maintenir le niveau de rémunération des chômeurs à 90% de leur ancien salaire pendant un an, tout en leur proposant une formation et un accompagnement personnalisé. Dans son programme, le financement de cette mesure ambitieuse n’apparaît nulle part. Or, chacun sait que les comptes de l’UNEDIC sont déjà gravement déficitaires et qu’il paraît impossible que notre système d’assurance chômage prenne en charge cette proposition. En outre, un tel système supprimerait d’emblée toute incitation à retravailler avant un an.
Autre exemple :
Ségolène Royal propose de « conditionner les aides publiques à l’entreprise à l’engagement de ne pas licencier quand l’entreprise dégage des profits substantiels, et obtenir le remboursement de ces aides en cas de délocalisation. »
L’idée est à la mode. Tellement à la mode d’ailleurs que l’actuel gouvernement à cherché à la mettre en œuvre. Prudent, il a demandé un rapport de faisabilité au Conseil d’Orientation pour l’Emploi. Ségolène Royal n’a pas dû lire ce rapport, qui conclut à l’extrême difficulté d’application de ce type de mesure de rétorsion ainsi qu’à leur complète inefficacité dissuasive sur les licenciements. En revanche, le même rapport constate que les réductions de charge ont des résultats positifs sur l’emploi.
Conclusion, Ségolène Royal, qui n’est « pas dogmatique » se révèle incapable de sortir des solutions étatistes du traitement du chômage qui ont, comme chacun sait, largement fait leurs preuves. L’entreprise privée, voila l’ennemi. Tous fonctionnaires, voila notre rêve.
Stéphane
11:25 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Laurence Parisot, MEDEF, Ségolène Royal, chomage




