04.05.2007

Fear Factor

Vendredi matin sur RTL, Ségolène Royal nous a offert en live, un grand moment de démagogie populiste : 

"Je pense que le choix de Nicolas Sarkozy est un choix dangereux, je ne veux pas que la France soit orientée vers un système de brutalité (…). Ma responsabilité, aujourd'hui, c'est de lancer une alerte par rapport au risque de cette candidature et par rapport aux violences et aux brutalités qui se déclencheront dans le pays, tout le monde le sait mais personne ne le dit, il y a une sorte de tabou (…). Je crois que cette candidature est dangereuse".

medium_peur_royal.jpgVous avez peur ?

Vous avez vachement peur ?

Vous avez super-vachement peur ?

Peur de quoi au fait ? Ben heu… bon, c’est pas la question. La question c’est : « est-ce que vous avez peur ? ». Parce que si vous avez peur, alors il faut voter pour Royal ! C’est la seule candidate dans le monde occidental capable d’agiter la menace d’une guerre civile en cas de victoire de son rival, tout en vous promettant qu’elle vous fera un rempart de son corps.

Il est quand même dommage que la gauche française soit à ce point incapable de trouver en elle-même des ressources positives suffisantes, pour en arriver à agiter la menace d’un « diable ». Heureusement, tout le monde a bien compris que Nicolas Sarkozy était un agité, un excité, un type incapable de contrôler ses nerfs... ce qui ne saurait être le cas d'une candidate supposée sérieuse et compétente, qui ramène la fin de la campagne présidentielle au dilemne "Moi ou la guerre civile".

Vivement dimanche !

20.03.2007

Ne faites pas semblant de ne pas me comprendre madame Parisot !

medium_167664.2.jpgSégolène Royal était l’autre jour, l’invitée de Christine Ockrent sur France 3, en compagnie, notamment, de Laurence Parisot, Présidente du MEDEF. Cette dernière a posé une question simple : que devons-nous penser lorsque Ségolène Royal dit, d’un côté qu’elle est ouverte sur la question des 35h, alors que de l’autre, le point N°16 de son pacte présidentiel affirme clairement que la candidate consolidera l’acquis que représente la réduction du temps de travail.

Réponse de Ségolène Royal : on avait rarement vu un candidat à l’Elysée se comporter de façon aussi hautaine et méprisante face à un invité sur un plateau de télévision… « Ne faites pas semblant de ne pas me comprendre madame Parisot… », « Sortez de vos dogmes madame Parisot, moi je ne suis pas dogmatique… » etc.

medium_laurence_parisot.3.JPGCette émission a permis d’évoquer le traitement du chômage, tel que l’envisage la candidate socialiste. Au passage, Ségolène Royal a évoqué le scandale des délocalisations massives qui entraînent une plus grande précarité pour les salariés français. Je vous invite à ce propos à lire d’urgence l’excellent article de libéralisme expliqué sur les véritables chiffres des délocalisations en France. Savez-vous combien de nos emplois partent chaque année à l’étranger ? Accrochez-vous : 0.032 % ! Il est effectivement essentiel de combattre ce fléau avec toutes les armes à la disposition de l’Etat !

medium_ANPE.JPGDepuis de nombreuses années, les pouvoirs publics de gauche comme de droite, considèrent que la meilleure réponse au problème du chômage, consiste à ajouter des obstacles légaux aux licenciements. Chacun sait pertinemment que cette « fonctionnarisation » de l’entreprise privée est une mauvaise chose, mais elle est « populaire », car elle procède d’un état d’esprit qui considère l’entreprise comme un lieu d’affrontement permanent entre salariés exploités d’un côté et patrons gloutons de l’autre.

En matière de lutte contre le chômage, le programme présidentiel de Ségolène Royal n’innove pas. Il propose des mesures d’accompagnement des personnes sans emploi ainsi que des mesures de rétorsion contre les entreprises qui licencient, mais rien qui soit de nature à favoriser l’emploi en tant que tel. Dit autrement, les socialistes considèrent l’emploi comme un gros gâteau enfermé dans un moule et qu’il serait impossible de faire grossir. Les seules idées qu’ils développent dans ce domaine, consistent à donner une compensation à ceux qui ont été privé de gâteau et à taper sur les doigts de ceux qui ont pris la part des copains.

Par exemple :

Ségolène Royal propose, dans le cadre d’une « sécurité sociale professionnelle », de maintenir le niveau de rémunération des chômeurs à 90% de leur ancien salaire pendant un an, tout en leur proposant une formation et un accompagnement personnalisé. Dans son programme, le financement de cette mesure ambitieuse n’apparaît nulle part. Or, chacun sait que les comptes de l’UNEDIC sont déjà gravement déficitaires et qu’il paraît impossible que notre système d’assurance chômage prenne en charge cette proposition. En outre, un tel système supprimerait d’emblée toute incitation à retravailler avant un an.

Autre exemple :

Ségolène Royal propose de « conditionner les aides publiques à l’entreprise à l’engagement de ne pas licencier quand l’entreprise dégage des profits substantiels, et obtenir le remboursement de ces aides en cas de délocalisation. »

L’idée est à la mode. Tellement à la mode d’ailleurs que l’actuel gouvernement à cherché à la mettre en œuvre. Prudent, il a demandé un rapport de faisabilité au Conseil d’Orientation pour l’Emploi. Ségolène Royal n’a pas dû lire ce rapport, qui conclut à l’extrême difficulté d’application de ce type de mesure de rétorsion ainsi qu’à leur complète inefficacité dissuasive sur les licenciements. En revanche, le même rapport constate que les réductions de charge ont des résultats positifs sur l’emploi.

medium_fonctionnaires.JPGConclusion, Ségolène Royal, qui n’est « pas dogmatique » se révèle incapable de sortir des solutions étatistes du traitement du chômage qui ont, comme chacun sait, largement fait leurs preuves. L’entreprise privée, voila l’ennemi. Tous fonctionnaires, voila notre rêve.

Stéphane

24.02.2007

Quoi de neuf ? Jospin !

medium_VoeuxRoyal.jpgLes partis politiques organisés en courants, affrontent un dilemme bien particulier : soit ils disposent d’un leader charismatique incontestable qui transcende les courants, soit… il faut faire une place à tout le monde.

En restructurant son équipe de campagne et en y intégrant tous les dinosaures de son parti, Ségolène Royal signe son aveu d’impuissance et assume le reproche d’incompétence qui lui est fait depuis qu’elle a commencé à s’exprimer publiquement sur les grands sujets nationaux et internationaux. Cette convocation des « vieux » signifie  implicitement : « Ne vous en faites pas si je raconte n’importe quoi, je suis coachée par des professionnels qui rattraperont mes bourdes une fois que vous m’aurez élue ». Après n’avoir été qu’une photo dans la presse people et qu’un chiffre dans les sondages, Royal n’est aujourd’hui plus qu’un nom sur un bulletin de vote.

Nicolas Sarkozy convoquait les mannes de Jaurès et Blum, Ségolène Royal nous ressort Mauroy en chair et en os : au référendum sur « La France du bon vieux temps », le PS mène actuellement 1 à 0.medium_167664.jpg

Sur son blog, Guy Birenbaum, que l’on ne peut guère soupçonner d’être de droite, livre une réflexion intéressante sur cet appel aux caciques du PS. Pendant des mois, Ségolène Royal nous a vanté les mérites de la démocratie participative, du contact direct avec les électeurs, des jurys citoyens… En la choisissant, les militants du PS ont validé sa rupture avec les vieilles méthodes politiciennes et les combines d’appareil.

A deux mois du scrutin, un constat s’impose : Ségolène Royal a progressivement renoncé à tout ce qui faisait sa force et son originalité aux yeux des socialistes comme des français en général. Elle est aujourd’hui la seule candidate à vivre une campagne « à reculons », qui va de renoncement en renoncement.

 

12.02.2007

Programme socialiste : le petit chaperon rouge promet la lune

 A quoi servent les Blogs ? Entre autre, à empêcher les politiques de dire n'importe quoi dans l'indifférence générale.

Parmi les mesures phares proposées par Ségolène Royal dans son discours du 11 février, il y a l’augmentation du SMIC à 1500 €, « dès que possible ». Cette mesure, destinée à gauchir un programme jugé trop « blairiste », est une aberration.

Comme souvent avec les idées socialistes, le point de départ est une bonne intention. Augmenter le pouvoir d’achat des salariés les moins qualifiés. Et comme souvent avec les idées socialistes, cette mesure est condamnée à obtenir l’effet exactement inverse.

L'OCDE estime que 5 points de plus de Smic donnent 1 point de plus de chômage. L'institut national de la statistique et des études économiques a montré, dans une autre étude, qu'une augmentation de 10% du Smic détruirait 290 000 emplois peu qualifiés.

Pourquoi l’augmentation du SMIC détruit-elle des emplois ?

Un entrepreneur n’embauche un salarié qu’à la condition que celui-ci crée davantage de revenu qu’il ne coûte en salaire. Et quand on augmente le salaire minimum artificiellement, comme le veut Ségolène Royal, plus d’employés se retrouvent dans le cas où leur productivité sera inférieure à leur rémunération.  Les jeunes et les personnes peu formées sont souvent dans ce cas.

En fixant un salaire minimum trop élevé, l’Etat exclut du marché du travail les personnes dont la productivité est faible. Et plus le salaire minimum augmente, plus il faut être qualifié pour échapper à ce chômage artificiel, créé de toute pièce par les pouvoirs publics.

Voici un exemple donné dans une étude de 2002, qui reste parfaitement valable aujourd'hui. Un couple marié, au chômage avec deux enfants, pouvait, avec le RMI, l'allocation logement et les allocations familiales, toucher 1097 euros par mois. Si l’un des conjoints retrouve un emploi à mi-temps au Smic, le revenu familial est inchangé. S'il travaille à temps complet, le revenu familial augmente seulement de 91,4 €, soit 0,76 € par heure travaillée. Qui peut accepter de travailler pour 0,76 € de l'heure ?

En France, 60% des salariés gagnent entre 1 et  1,6 fois le SMIC, faisant de la France le pays du G7 ou les salaires perçus par les employés sont les plus faibles. La proposition de Ségolène Royal s’attaque donc directement à ceux qu’elle prétend aider.

Le drame, est que les ténors socialistes connaissent parfaitement les mécanismes dont nous venons de parler. En promettant d’augmenter le Smic, ils savent qu’ils détruiront des emplois.

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