05.06.2007

Le libéralisme par un lecteur de Télérama

2057d1db1603c1cd093a885a2f774289.jpgVous trouverez ci-dessous un extrait du courrier des lecteurs de Télérama, hebdomadaire auquel je suis abonné depuis de nombreuses années et qu'on ne peut pas soupçonner de sympathie pour les idées libérales.

L'auteur de ce courrier regrette l'image négative en France du libéralisme dont les fondements ont été totalement pervertis pour laisser la place à une espèce de caricature très négative.

Je suis d'accord avec lui lorsqu'il rappelle l'origine du libéralisme, et sa signification dans les pays anglo-saxons (ainsi que dans une majorité des pays d'Europe).

En revanche, je ne partage pas du tout son avis lorsqu'il estime que, en France, le sens du libéralisme a été perverti par « notre droite économique ».

La droite française est plutôt conservatrice et refuse absolument le qualificatif de libéral. Même ceux qui espéraient défendre les idées libérales au sein de l'UMP ont préféré nommer leur groupe « Les Réformateurs ». On ne leur a pas permis pour autant de défendre leurs idées, qui furent totalement absentes de la campagne présidentielle.

Ceux qui ont perverti le sens du libéralisme sont ceux qui, majoritairement à gauche mais pas exclusivement, accompagnent dans leurs discours le mot libéral des qualificatifs d'« ultra » ou de « sauvage ».

Beaucoup de candidats d'extrême gauche, de la LCR, du PCF ou d'autres officines, n'osent plus afficher leurs idées, ni parfois le nom de leur parti. Ils avancent masqués comme nous pouvons le constater sur certains tracts communistes de la 6e circonscription du Val-de-Marne.

Ils préfèrent axer leur campagne sur l'opposition au libéralisme, qu'ils caricaturent comme le grand Satan, à l'origine de tous les maux de la Terre.

C'est certainement plus facile que de défendre le paradis communiste que certains d'entre eux nous décrivaient il n'y a pas si longtemps au retour de leurs pèlerinages en Union Soviétique.

Eloi JUTTEAU (e.jutteau@alternative-liberale.fr )

TELERAMA courrier des lecteurs.pdf

17.03.2007

UDF: bilan de l'activité legislative de leurs députés

medium_assemblee_nationale_2.JPGAfin de permettre à chacun de vérifier à quel point les « valeurs » de Bayrou se rapprochent effectivement du programme d’Alternative Libérale, et justifient un ralliement sans faille dès le premier tour, voici une liste non exhaustive des propositions de loi présentées ou cosignées par les députés UDF au cours de la dernière législature. Loin des beaux discours et des promesses électorales, l’activité législative concrète des députés UDF est certainement le meilleur reflet de ce que pensent et défendent ceux qui soutiennent François Bayrou. Nul doute que de nombreux libéraux vont se retrouver pleinement dans ses différentes propositions de loi.

N° 2140 : proposition de loi de monsieur Pierre Albertini relative à la pérennisation du régime d’assurance-chômage des professions du spectacle, de l’audiovisuel et du cinéma, dans le cadre de la solidarité interprofessionnelle.

N° 1756 : proposition de loi de monsieur Jean-Christophe Lagarde, tendant à instituer un financement public des syndicats.

N° 207 : proposition de loi de monsieur Jean-Michel Ferrand, tendant à réglementer les marges pratiquées sur les fruits et légumes périssables en période de crise.

N° 3627 : proposition de loi de monsieur Martial Saddier visant à encadrer les délais de paiement dans la sous-traitance industrielle.

N° 1822 : proposition de loi de monsieur Gérard Cherpion visant à réduire le commerce transfrontalier du tabac. 

N° 2533 : proposition de loi de monsieur Christian Vanneste, prévoyant l’instauration de la TVA sociale.

N° 1560 : proposition de loi de monsieur Francis Hillmeyer portant création d’une allocation de soutien à la recherche d’un premier emploi réservée aux jeunes de 16 à 25 ans.

N° 349 : proposition de loi de monsieur Charles Cova visant à préserver les droits aux allocations chômage des militaires retraités. 

medium_Assemblee_Nationale.JPGN° 2662 : proposition de loi de monsieur Georges Tron relative à la production d’un extrait de casier judiciaire pour l’accès à certaines professions.

N° 3419 : proposition de loi de monsieur Emile Blessig élargissant le bénéfice du régime local d’assurance maladie des départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle, aux ministres des cultes reconnus et aux membres de leurs congrégations et collectivités religieuses.

N° 1066 : proposition de loi de monsieur Jean-Christophe Lagarde relative à l’interdiction des jeux de hasard dans les débits de boissons.

N° 2949 : proposition de loi de monsieur Franck Marlin relative au contrôle des armes des particuliers.

N° 3319 : proposition de loi de monsieur Michel Hunault visant à instaurer une taxe sur les ventes d’armes au profit de l’Agence Française de Développement.

medium_assemblee_nationale_3.JPGN° 308 : proposition de loi de monsieur Emmanuel Hamelin visant à accorder aux sapeurs-pompiers professionnels un régime spécial de retraite, de nature à mieux prendre en compte les risques encourus lors de l’accomplissement de leur service.

N° 1726 : proposition de résolution de monsieur Hervé Morin tendant à la création d’une commission d’enquête visant à établir les causes de l’augmentation des prix à la consommation dans la grande et la moyenne distribution, à évaluer les dispositions légales destinées à équilibrer les relations commerciales entre les centrales d’achat et les producteurs et à proposer les évolutions législatives et réglementaires nécessaires.

N° 2456 : proposition de résolution de monsieur Richard Mallié tendant à la création d’une commission d’enquête relative aux conditions dans lesquelles le groupe Alcan a pris le contrôle de Péchiney et aux conséquences de cette fusion-acquisition sur l’indépendance de la France en matière d’approvisionnement en aluminium ainsi que sur l’emploi.

06.03.2007

Parlement Européen : les rats quittent le navire

L’info n’est pas toute neuve. Elle date déjà de quelques jours. Mais elle est tellement exaspérante qu’elle mérite qu’on trempe son plus beau clavier dans un bidon de vitriol pour y revenir.

medium_parlement_europeen_1.JPGEn juin prochain, dans la foulée des présidentielles, auront lieu des élections législatives. Jean Quatremer a levé le lièvre, en révélant qu’un certain nombre d’élus qui s’étaient réfugiés au parlement européen lors des élections de 2004, ont annoncé dans l’indifférence la plus totale, leur volonté de mettre un terme à leur mandat d’eurodéputés (fin théorique : 2009) avant la fin de la législature, afin de briguer de nouveau un siége à l’Assemblée Nationale. Sur 31 eurodéputés socialistes, 8 ont donc décidé de déserter le parlement européen en prenant ouvertement leurs électeurs pour des andouilles : Pierre Moscovici (récemment élu vice-président du parlement européen), Stéphane Le Foll, André Laignel, Vincent Peillon, Adeline Hazan, Marie-Line Reynaud, Marie-Arlette Carlotti et Brigitte Douay. Notons que Roselyne Bachelot pour l’UMP et Jean-Marie Cavada pour l’UDF, sont dans le même bateau.

medium_parlement_europeen_4.JPGPrécision importante : en France, le mandat de député national est incompatible avec le mandat de député européen. Mais si un député européen français se présente aux élections législatives, il ne perd effectivement son mandat d’eurodéputé que s’il est élu à l’Assemblée Nationale… une forme d’assurance tout risque en quelque sorte. En d’autres termes, si Pierre Moscovici ou Roselyne Bachelot ne sont pas élus députés en juin prochain, ils pourront retourner tranquillement au parlement européen, terminer en paix le mandat pour lequel ils ont été élus en 2004.

Imaginons deux minutes ce que serait la conférence de presse sans langue de bois d’un de ces eurodéputés sur le départ. Et imaginons au hasard, que cet eurodéputé soit membre du groupe socialiste pour que se soit plus marrant :

Madame, Monsieur, chers électeurs,

            En 2004, j’ai sollicité votre suffrage afin de devenir votre représentant au parlement européen. A l’époque, je peux vous dire qu’on en menait pas large au PS. On venait de se prendre la rouste de notre vie aux présidentielles deux ans avant, et j’avais personnellement été battu dans ma circonscription aux législatives qui avaient suivies. Autant vous dire qu’on était nombreux sur la ligne de départ pour Strasbourg ! A l’époque, souvenez-vous, je vous avais seriné pendant des semaines sur ma volonté européenne inébranlable, sur la place de la France dans ce grand dessein politique hérité de nos pères et sur mon engagement sans faille d’européen convaincu.

Dans un grand moment collectif d’absence intellectuelle, vous aviez eu la faiblesse de me croire, ce qui me fait encore bien rigoler quand j’y repense. C’est d’ailleurs pour cette raison que je fais de la politique, car il y a beaucoup plus d’idiots qu’on ne croit.

Trois ans après mon élection en tant qu’eurodéputé, je vous informe que je n’irai pas au bout du mandat que vous m’avez confié, car j’ai des choses plus intéressantes à faire. Je vais en effet solliciter votre confiance, afin de (re) devenir votre député à l’Assemblée Nationale. Au cours de ma prochaine campagne, je vous parlerai de ma volonté inébranlable, de la place de la France dans ce grand dessein politique hérité de nos pères et de mon engagement sans faille d’élu local convaincu.

Je sais qu’à nouveau, vous m’accorderez votre confiance. D’abord, parce que vous êtes débiles ; c’est d’ailleurs pour cela que moi, je suis élu et que vous, vous êtes électeurs. Ensuite, parce que vous n’aurez pas le choix. Mon parti valide entièrement ma manière de faire de la politique et je serai son seul et unique représentant dans votre circonscription. Enfin, parce que vous avez un rapport un peu masochiste à la politique : vous aimez élire des guignols et des fripouilles, ça vous permet d’en dire du mal dans les repas de familles. Mais du moment que vous votez pour moi, ça m’est bien égal. Heureusement que la politique n’est pas plus une question d’honneur qu’elle n’est une question de respect du mandat confié par les électeurs ! Sinon on serait bien tient !

Une dernière chose pour finir. Si d’aventure le prochain président de la République vous soumettait par référendum, un nouveau projet de Constitution Européenne, vous seriez bien gentils de voter « Oui » cette fois. Franchement je ne comprends pas votre désamour pour les institutions européennes. C’est un truc qui marche vachement bien pourtant ! Regardez moi !

Votre eurodéputé dévoué