04.05.2007

Fear Factor

Vendredi matin sur RTL, Ségolène Royal nous a offert en live, un grand moment de démagogie populiste : 

"Je pense que le choix de Nicolas Sarkozy est un choix dangereux, je ne veux pas que la France soit orientée vers un système de brutalité (…). Ma responsabilité, aujourd'hui, c'est de lancer une alerte par rapport au risque de cette candidature et par rapport aux violences et aux brutalités qui se déclencheront dans le pays, tout le monde le sait mais personne ne le dit, il y a une sorte de tabou (…). Je crois que cette candidature est dangereuse".

medium_peur_royal.jpgVous avez peur ?

Vous avez vachement peur ?

Vous avez super-vachement peur ?

Peur de quoi au fait ? Ben heu… bon, c’est pas la question. La question c’est : « est-ce que vous avez peur ? ». Parce que si vous avez peur, alors il faut voter pour Royal ! C’est la seule candidate dans le monde occidental capable d’agiter la menace d’une guerre civile en cas de victoire de son rival, tout en vous promettant qu’elle vous fera un rempart de son corps.

Il est quand même dommage que la gauche française soit à ce point incapable de trouver en elle-même des ressources positives suffisantes, pour en arriver à agiter la menace d’un « diable ». Heureusement, tout le monde a bien compris que Nicolas Sarkozy était un agité, un excité, un type incapable de contrôler ses nerfs... ce qui ne saurait être le cas d'une candidate supposée sérieuse et compétente, qui ramène la fin de la campagne présidentielle au dilemne "Moi ou la guerre civile".

Vivement dimanche !

16.02.2007

Présidentielle : le programme "santé" des candidats

Les candidats à l’élection présidentielle se livrent, en ce moment, à une débauche de promesses qui donnent lieu à des batailles de chiffres pour déterminer le coût des différents programmes.

Dans le domaine de la santé publique, les programmes sont particulièrement généreux. Tous ou presque, reposent sur un mensonge : celui de la gratuité.

Or, toute personne censée sait  pertinemment que rien n’est jamais gratuit. La CMU par exemple, qui permet d’être remboursé à 100% des actes de soins et des médicaments en fonction d’un plafond de ressources, instaure une gratuité virtuelle pour ses bénéficiaires, qui est en réalité financée par l’impôt, donc par la collectivité.

Voici une petite revue des promesses des différents candidats en matière de santé publique. J’ai volontairement retiré de ce catalogue les déclarations d’intentions absurdes (« Relever le défi de l’allongement de la durée de la vie » chez Ségolène Royal), ainsi que les promesses qui consistent à mettre en place des structures déjà existantes (« Régionalisation de la santé » chez François Bayrou).

medium_sarkozy.jpgNicolas Sarkozy

-        Financement intégral des prestations d’assurance maladie par l’impôt, et non par les cotisations sociales. Y a de l'idée... Mais pourquoi ne pas aller plus loin ? Depuis l'instauration de la CMU en 1999, ce n'est plus le travail qui détermine l'accès à la couverture médicale, mais la résidence. La logique voudrait donc que l'entreprise cesse complètement d'assurer le risque maladie et que la solidarité nationale prenne le relais, par l'impôt.

-        Franchise forfaitaire modulable sur la consommation de soins. Cela peut contribuer à responsabiliser les gens mais ça ne règle pas le problème.

-        Création d’une 5e branche de la sécurité sociale destinée aux personnes en perte d’autonomie.

medium_royal_2.jpgSégolène Royal

-       Gratuité complète des soins pour les enfants jusqu’à 16 ans. Gratuité pour les uns = financement par les autres

-       Politique volontaire de répartitions géographiques des professionnels de santé, notamment pour les étudiants en médecine à la fin de leurs études. On fait comment pour obliger les médecins à s'installer dans telle zone plutôt que dans telle autre ? Si on répartit les médecins comme on répartit les enseignants, cela signifie que l'on nationalise complètement la médecine ?

-        Création de nouvelles structures de santé dans les quartiers. Des dispensaires ? Pourquoi un quartier réputé "difficile" aurait-il besoin d'une structure (publique) de santé particulière ? A quoi servent les hôpitaux dans ce cas ?

-         Création d’une carte santé jeune 16/25 ans ouvrant droit à la gratuité d’une consultation par semestre. De nouveau, la "gratuité"

-        Rétablir les moyens supprimés par la droite pour les soins aux étrangers en situation irrégulière. C'est faux. La droite n'a malheureusement pas supprimé l'AME (Aide Médicale d'Etat) qui permet à tout étranger en situation irrégulière de bénéficier de la prise en charge à 100% de ses soins et de ses médicaments.

medium_bayrou_2.jpgFrançois Bayrou

-         Instauration d’une couverture universelle avec remboursement à 100% par extension de la CMU. Elle serait entièrement financée par la CSG. Voir le programme de Marie-Georges Buffet pour la gratuité complète des soins...

-       Arrêt des mesures d’économies ponctuelles comme les déremboursements. Le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie, dans son rapport de 2004 précise : "Le système de financement s'épuiserait à vouloir couvrir sans tri, tout ce que l'industrie et les professionnels de santé peuvent offrir".

medium_buffet_2.jpgMarie-Georges Buffet

-        Prise en charge totale et à 100% des enfants et des personnes dépendantes. Première étape vers le remboursement à 100% de tous les actes pour l’ensemble de la population. Gratuité...

-        Réforme du financement de l’assurance maladie en augmentant la cotisation patronale et en créant une cotisation additionnelle sur les revenus financiers. Ou comment deresponsabiliser les personnes : je suis assuré à 100% mais je ne paye pas mon assurance.

             medium_Le_Pen.jpg          

Jean-Marie Le Pen

-       Diversification du financement de la branche maladie. Maintien du système de cotisation et instauration d’une TVA sociale.

-       La sécurité sociale restera obligatoire mais le « petit risque » ne sera plus couvert. C'est quoi le "petit risque" ?

-      Réforme de la fiscalité sur le médicament. Actuellement les médicaments sont soumis à deux taux de TVA : une TVA à 2.1% pour les médicaments remboursés et une TVA à 5.5% pour les médicaments non remboursés. Alors pourquoi réformer la fiscalité sur les médicaments ? Pour augmenter la TVA et financer la fameuse TVA sociale ?

-       Instauration de la préférence nationale pour l’aide sociale. C'est infaisable. Voici pourquoi.

medium_Voynet.jpgDominique Voynet

-       Suppression des droits au dépassement d’honoraires. Suppression de l’euro forfaitaire non remboursé par consultation, et de la franchise de 18€ sur les actes médicaux lourds. Gratuité encore... Quand on pense que Voynet est médecin anesthésiste de formation...

-       Fondation d’un régime obligatoire et universel basé sur le principe de solidarité. C'est pas déjà notre système actuel ?

                 medium_besancenot.jpg                 

Olivier Besancenot

-       Remboursement intégral de tous les médicaments mis sur le marché.

-       Nationalisation de l’industrie pharmaceutique et des cliniques privées.

-      Fin de l’organisation libérale de la médecine de ville et de la tarification à l’acte.

URSS is coming back !

medium_edouard_escalier_jpeg.JPGEdouard Fillias

-      Fin du monopole de la Sécurité Sociale et liberté pour chacun, du choix de ses assurances afin de bénéficier du meilleur tarif possible. Rappelons qu'il s'agit là de la simple mise en oeuvre d'une directive européenne de 1994 qui met fin (théoriquement puisque la France refuse de l'appliquer) au monopole de la Sécurité Sociale.

-      Versement du salaire « réel » à chaque salarié. Les cotisations sociales ne seraient plus prélevées sur le bulletin de salaire afin que chacun retrouve les moyens de s’assurer lui-même.

-      Etablissement d’un panier de soins universel pour une prime forfaitaire annuelle, que les assurances privées auraient l’obligation de proposer dans tous leurs contrats de base.

-          Suppression progressive des régimes spéciaux d’assurance santé.

31.01.2007

Nicolas Hulot convoque les présidentiables

On croyait Mr Hulot reparti en hélicoptère arroser les derniers éléphants de Tanzanie à grand coup de kérosène… que nenni !

medium_nicolas_Hulot.JPG

Voici ce que nous apprend la lecture des dépêches de l’AFP de ce matin :

PARIS (AFP) - Dix candidats à la présidence, tous signataires du pacte écologique de Nicolas Hulot, viennent détailler mercredi matin (30 janvier) devant l'animateur et un public restreint leur profession de foi sur la sauvegarde de l'environnement.

De Ségolène Royal, la première entendue à 8h45, à Nicolas Sarkozy, le dernier en ordre de passage à 11h45, après le Conseil des ministres, les aspirants ont rendez-vous au nouveau Musée des Arts premiers, quai Branly à Paris.

"Ils bénéficieront chacun de 15 minutes de temps de parole pour confirmer leurs engagements pris dans le cadre du Pacte écologique", a indiqué mardi la Fondation Nicolas Hulot, qui organise la rencontre.

Les candidats se succèderont devant un parterre de "grands témoins", 50 citoyens signataires du Pacte tirés au sort et les représentants des ONG environnementales, qui ne seront ni les uns ni les autres autorisés à poser de question

Ces ONG sont celles qui adhèrent à l'Alliance pour la Planète, coalition d'associations environnementales, syndicales et professionnelles, ainsi que la Ligue de Protection des oiseaux (LPO), la Ligue Roc, la fédération France Nature Environnement (FNE) et l'Union mondiale pour la nature (UICN).

"L'objectif de Nicolas Hulot est vraiment de passer le relais aux ONG en appelant les candidats à travailler avec elles", explique Annabelle Geiger, de la Fondation NH.

"L'ordre de passage des candidats a été établi en fonction des contraintes de chacun, le Conseil des ministres par exemple, et en tentant de respecter certains équilibres droite/gauche et homme/femme", ajoute-t-elle.

Après Ségolène Royal en ouverture, les candidats se succéderont dans l'ordre suivant: Antoine Waechter, France Gamerre, Jean-Marc Governatori, François Bayrou, Corinne Lepage, Marie-George Buffet, Nicolas Dupont-Aignan, Dominique Voynet et Nicolas Sarkozy.

Outre leur adhésion aux cinq propositions concrètes et dix propositions du Pacte écologique, Nicolas Hulot - qui a finalement choisi de ne pas se présenter à l'élection présidentielle - a demandé aux candidats d'argumenter leur engagement.

Nicolas Hulot commence sérieusement à me chauffer les oreilles. Qu’est-ce que c’est que ce cirque ? A quoi rime ce défilé « d’aspirants » (on rêve !) qui répondent à cette convocation comme d’autres iraient à Canossa ? Après le barnum politico-médiatique autour des Enfants de don Quichotte, après le défilé en rang d’oignons de nos élus devant le cercueil de l’abbé Pierre, voila Nicolas Hulot qui organise un grand oral de passage pour « aspirants présidents ».

Cette campagne va-t-elle un jour déboucher sur autre chose qu’une pêche aux voix sectorisée, alimentée par des candidats qui se couchent successivement devant chaque groupe de pression en promettant de défendre tel ou tel intérêt particulier ?

Le fait que les candidats à la présidentielle accourent à la convocation de Hulot est un spectacle proprement désolant. Chacun va tâcher de promettre plus que son voisin, de jouer à « plus écolo que moi tu meurs ! » tout ça dans l’espoir de s’attirer les bonnes grâces d’un animateur de télévision.

Minable.

Stéphane Guyon